mercredi 28 décembre 2011

Nous sommes tous interreliés

Schopenhauer :

"Comment se fait-il qu'un individu puisse s'oublier et oublier sa propre sécurité pour  mettre sa vie en péril afin d'en sauver une autre de la mort ou de la souffrance, comme si la vie de cet autre était la sienne, comme si le danger de l'autre était le sien?

Cet individu agit par suite d'une reconnaissance instinctive de la vérité suivante: lui et cet autre sont en réalité un. Il est mû par l'expérience immédiate de la vérité grande et  vraie qui est que nous sommes tous un à la base de notre être."

Schopenhauer appelle cette motivation "Compassion". Pendant un instant, on est désintéressé, dépourvu de limite, dépourvu d'égo. C'est un authentique accomplissement du travail de l'Amour.

vendredi 23 décembre 2011

Le "AUM"


Joseph Campbell, un maître spirituel pour moi



Depuis que j'ai pris la décision de recommencer à méditer, mes lectures me renvoient inopinément à des réflexions et des textes sur la méditation. J'ai longtemps méditer avec le "AUM" puis, j'ai cessé.

"On dit que le "AUM", cette syllabe indienne de prière est sacrée. On peut penser au vrombissement, normalement inaudible, des protons et des neutrons d'un atome: c'est donc le son interne de cette énergie primordiale qui vibre en nous.  On dit que lorsqu'elle est bien prononcée, la syllabe contient les sons de toutes les voyelles du langage. Et puisque les consonnes ne sont rien d'autre que des interruptions de ces sons, la syllabe sacrée contient en elle les sons germes de tous les mots et par conséquent, les noms de toutes choses et de toutes les relations."

Méditer, c'est ma démarche personnelle d'anti-éparpillement en ces temps de vie. J'éprouve une satisfaction belle à ressentir, un délicieux confort, après l'exercice. Puis, je donne un grand coup, j'enchaîne avec une demi heure d'étude en anglais. Un puissant désir de structure, m'a donné le coup d'envoi. Et... étonnamment, ce n'est pas dur du tout! Je suis bien.

"Le péché d'inadvertance, le fait de ne pas être vigilant, de ne pas être assez éveillé, est le péché du manquement de l'instant présent." Ces paroles vont là où ça fait mal. Je suis dans le sillon de l'éparpillement alors que j'aspire à la vigilance assidue, à ce que ma vie se vive d'elle-même et que d'elle-même, elle se vive. 

J'inscris cette résolution d'attention soutenue, et je l'inscris puissamment, dans mes objectifs pour  la nouvelle année 2012.

Je lis à nouveau mon auteur préféré entre tous, Joseph Campbell, dans une oeuvre qui vient d'être traduite en français: Des mythes pour se construire.



jeudi 22 décembre 2011

Conseils d'Alexandro Jodorowsky


Alexandro Jodorowsky

Propos de Jodorowsky tiré du livre Manuel de psychomagie 


"J'ai souvent recommandé d'enterrer des objets, des vêtements, des photographies ayant servis à libérer de vieilles souffrances, mais j'ai toujours demandé qu'à l'endroit  où l'on a déposé des choses "impures" on plante un arbre, ou un arbuste ou qu'on y dépose une gerbe de fleurs.

Si je recommande à un consultant de laisser sortir sa rage, accumulée pendant des années contre quelqu'un, en déchirant sa photographie, ou en donnant des coups de pied à une tombe, ou au moyen d'une confrontation écrite, etc, je conseille de recouvrir la photographie de confiture de rose, d'écrire sur la tombe le mot "amour" avec du miel, d'envoyer à la personne un bouquet de fleurs, une boîte de bonbons ou une bouteille de liqueur. L'acte psychomagique doit être transformateur : la souffrance donne naissance à une fin aimable. La haine est un amour qui n'a pas été partagé. On doit toujours terminer l'acte de manière positive. Ajouter le mal au mal ne change rien.

Si quelqu'un qui veut éliminer sa petite soeur (parce qu'elle a retenu l'attention de sa mère) colle une photographie de la fillette sur un melon, puis écrase le melon à coups de marteau, son inconscient considère que le crime est réalisé. Le consultant se sent ainsi libéré. Il s'agit  de provoquer un changement dans la mémoire, tant de l'image de la soeur haïe lorsqu'elle était petite que de la sensation d'impuissance et de rage du consultant qui la déteste. Les images que nous conservons dans notre mémoire sont accompagnées d'une perception de nous-même au moment où nous avons vécu ces expériences.

Sous chaque maladie se trouve l'interdiction de faire quelque chose que nous désirons, ou l'ordre de faire quelque chose que nous ne désirons pas. Toute guérison exige la désobéissance à cet interdit et à cet ordre. Et pour désobéir, il faut se débarrasser de cette peur enfantine de ne plus être aimé, c'est à dire abandonné".

Ce sont des processus de guérison que j'ai explorés à plusieurs reprises, et avec mes enfants aussi. Une image mentale, des gants de boxe agitant avec frénésie un gros ballon pivotant et... un petit garçon apaisé.

jeudi 15 décembre 2011

La basilique Notre-Dame de Montréal


Ce fut mon premier cadeau de Noël et il m'est allé droit au coeur. Anne m'offrait le spectacle son et lumière, justement appelé: "Et la lumière fut..." Plein-feu sur la basilique Notre-Dame de Montréal: un inestimable trésor néogothique, un chef d'oeuvre! La musique, une création de Gilles Grégoire, pénétrait le chakra du coeur et s'inscrivait merveilleusement bien, comme une musique céleste, à la beauté de ce lieu sacré.

Le Vieux-Montréal dégageait une aura de magie et les vitrines des magasins regorgeaient de trésors multicolores. Ma soeur, ma fille et moi faisions définitivement le bond qui nous menait dans la liesse des réjouissances de Noël.

Ce qui me plaît le plus dans ce cadeau, c'est le temps de tendresse, de légèreté joyeuse vécu avec ma fille. C'était un éclaboussement de douceurs pour le coeur. Merci Anne-Emmanuelle.

Ne pleure pas, je ne suis pas là...


Aujourd'hui, j'ai lu un poème qui m'a bouleversée à un point tel que je souhaite que ce poème anonyme soit inscrit quelque part, peut-être sur le signet habituellement offert en souvenir aux gens aimés; quand je ne serai plus là, quand je serai ailleurs...


Devant ma tombe, ne pleure pas;
Je n'y suis pas. Je ne dors pas.
Je souffle dans le ciel tel un millier de vents.
Je suis la neige aux mille diamants.
Je suis la lumière du soleil sur le blé mur.
Je suis la douce pluie d'automne.
Lorsque dans le calme du matin, tu t'éveilles,
Je suis l'envol prompt et calme
Des oiseaux qui tournoient dans le ciel.
Je suis l'étoile qui brille dans la nuit.
Devant ma tombe ne pleure pas.
Je ne suis pas là...

Et moi, j'ajoute:
Je suis là, dans ces ailleurs lumineux
Et aussi, dans la maison de ton coeur....


samedi 10 décembre 2011

La désolante gestion de la fécondité

Dès l'âge de 10 ans jusqu'à 52 ans, les femmes sont aux prises avec la gestion de leur fécondité. Tous les 28 jours, une éternelle appréhension affole la tranquillité d'esprit des femmes: l'écoulement de sang. Une absence d'écoulement du sang menstruel, si la grossesse n'est pas désirée, c'est une petite fin du monde.

La pilule, c'est un féroce engagement. Elle doit être prise tous les jours sans jamais faillir. Même si un événement quelconque vient perturber la routine, même si l'euphorie d'une festivité arrosée facilite l'oubli, même si la pilule fait prendre du poids, même si elle peut donner le cancer, même si elle a de sévères effets secondaires, même si on en a marre, la sécurité passe par la prise quotidienne, sinon....

Il y a les femmes qui sont irrégulières. Aucune méthode ne peut alors assurer une fécondité contrôlée, sauf la pilule si la femme la tolère, sinon... l'abstinence!!! Certaines femmes sont allergiques à la pilule contraceptive, d'autres au cuivre du stérilet. La pilule du lendemain n'existe que dans très peu de pays. Il y a aussi les circonstances non prévisibles où le désir sexuel fait loi et fait perdre la tête. Il y a aussi les insistances du partenaire et le désir d'intimité mutuelle alliés au désir de ne pas déplaire. Et il y a les viols.

La grossesse peut venir bouleverser la vie, les études, la carrière de l'adolescente ou de la femme et même celle du conjoint. Il y a les timides premières fois: l'audace et la maturité exigée de la jeune fille quand il s'agit de demander au garçon de mettre un condom, et son désarroi quand il refuse.... la femme est terriblement seule dans cette gestion et voilà qu'en bout de ligne, les hommes s'en mêlent et veulent s'arroger le droit de légiférer pour interdire et pénaliser l'avortement.

Je plains toutes les femmes esclaves, pauvres et soumises à la loi des hommes et de Dieu, le mâle des mâles.

Chaque coït est lourd de conséquences pour une fille, une femme. Des milliers de femmes en meurent sur la planète soit en accouchant, soit en se faisant avorter d'inique façon. Combien de "faiseuses d'anges" ont été brûlées et d'avorteurs menacés de mort pour avoir aidé ces femmes! Que du plaisir et de l'insouciance pour l'homme! Bien des hommes ignorent totalement le nombre d'enfants qui sont nés de leur oeuvre et les détresses, la solitude, la misère et les rejets vécus par ces mères. Et cette croyance qui a court dans certains pays que violer une fille vierge guérit du sida! Ces petites filles attrapent le sida et mettent au monde des bébés sidéens voués à la mort, et elles n'ont évidemment aucun droit à un avortement médicalisé.

Que dire des stratégies guerrières qui consistent à engrosser les femmes afin qu'elles portent en elle, bien vivant, le fruit de l'ennemi! Et de la fragilité des femmes enceintes qui ne peuvent pas fuir et qui se font lier les jambes afin que l'enfant et la mère meurent. Les femmes subissent des cruautés honteuses parce que ce sont elles qui portent les bébés, qu'ils aient été désirés ou pas et si l'accès à l'avortement est interdit tout l'équilibre psychologique des femmes s'en trouve dévasté. La générosité des femmes est incommensurable et leur solitude et leur détresse après certains coïts, poignantes. Le droit à l'avortement devrait être inaliénable.

La gestion de la fécondité est un casse-tête des plus aberrants et une bienveillance inconditionnelle s'impose de la part des hommes et des femmes aussi. Et il ne faut pas compter sur les Églises, leurs chefs étant mâles et notoirement misogynes. Et bientôt non plus, sur nos gouvernements!!! L'avortement est un acte douloureux, une tragédie, un mal nécessaire. Une affaire de femmes, inexorablement!

jeudi 8 décembre 2011

La mort rôde


Madeleine Chapsal, écrivaine française

La mort rôde, livre écrit par Madeleine Chapsal.

Elle dit: "Un autre chagrin m'affecte. Comment se fait-il que si peu de gens aient une mort douce? On dirait qu'à la fin de l'existence, il s'agit de payer l'addition, la "douloureuse" comme on dit au restaurant.

- Plus encore que par nos actes, nous sommes constitués par nos rencontres: chacun de ceux que nous avons connu par la vue, par le toucher, la parole, ou même rien que par l'image et la rumeur, que nous l'ayons rejeté ou adulé, a orienté notre destin. Avant toute chose, nous sommes l'oeuvre des autres. Et nos amis comme nos ennemis sont faits de nous.

- Depuis le début des temps, on s'emploie à conserver la trace de ceux qui ont vécu. Par toutes sortes de moyens, stèles, monuments, statues, tableaux, biographies, films, cassettes... Outre des tombes et d'éventuels ossements, il peut rester quelque chose de notre passage sur terre, grâce à l'écriture, ce puissant arsenal de petits signes qui jaillissent. Je ne sais rien du passé que ce qui en a été écrit.

- Chacun de ceux que j'ai côtoyé emporte en mourant quelque chose de ma vie".

Des gens meurent près de moi, de ma génération en plus. Je pense à la mort, celle de ma mère qui honore ses 90 ans si bellement, celle de mon père, parti il y a longtemps; je n'oublie pas que cette immense perte nous a tous dévastés. Je pense à la mienne ma mort, et le chagrin qui empoignera le coeur de mes enfants, à leur tour, quand je ne serai plus là. Naître, vivre si peu de temps et mourir. Inéluctable mystère. Malgré tout, de toute mon âme, je crois que la face cachée de la mort c'est l'Amour.

Aujourd'hui, j'ai eu une panne d'essence sur l'autoroute 20. Et... mon cellulaire se mourait. C'était comme une petite mort, l'effarement était au rendez-vous!

mardi 6 décembre 2011

L'élimination prénatale des filles



Aimer les femmes plutôt que les tuer...

Une nouvelle détestable nous est venue. La pratique des avortements sélectifs en faveur des garçons, ne cesse de gagner du terrain dans le monde, maintenant facilités par les échographies. Pratique courante en Inde et en Chine, elle atteint maintenant la Géorgie, l'Azerbaïdjan, l'Arménie et les avortements se multiplient maintenant dans les Balkans.

Des odeurs de testostérone vont envahir la planète et avec elles la violence et une propension à des activités guerrières. Devenus adultes, ces garçons, on le sait maintenant, vivront de grands désespoirs ne trouvant pas de femmes pour fonder un foyer. Les rapts, les viols de femmes deviendront difficiles à enrayer. Un déséquilibre dévastateur et un grand déshonneur pour l'humanité!

lundi 5 décembre 2011

Les talibans


Talisma Nasreeen 

Talisma Nasreen est une femme de lettre féministe, née au Bangladesh. Elle vit présentement en France. Les fondamentalistes ont proféré des fatwas demandant son exécution par pendaison. Elle fut expulsée de son pays et sa tête est mise à prix. Ses livres ont été brûlés sur  la place publique en Inde et lors de la présentation de l’un de ses livres, elle a été agressée par des fondamentalistes musulmans à Hyderabad.

Talisma Nasreen: "Aucune solution durable n'émergera sans un changement radical du système qui fabrique les talibans. II faut fermer les madrasa qui sont des usines à fondamentalistes et promouvoir une éducation laïque, scientifique. Lorsque vous envoyez des jeunes garçons, dès l'âge de deux ans, dans des madrasa (écoles coraniques) où ils apprennent le maniement des armes avec pour seul horizon éducatif la récitation du Coran, les prêches exhortant à l'instauration d'un État islamique, au meurtre des femmes et des non-musulmans, il n'est pas étonnant qu'ils deviennent des extrémistes. Ces enfants n'ont aucune autre fenêtre sur le monde. Ils n'ont aucune possibilité de bénéficier d'une instruction publique et laïque. Ce n'est donc pas à eux que j'en veux, mais aux promoteurs de ce système qui transforme des innocents en talibans.

Dans le monde musulman, les madrasa poussent comme des champignons, avec la complicité de gouvernements qui veulent s'assurer l'appui électoral des fondamentalistes. Il faut cesser d'abandonner l'éducation à des imams radicaux qui les endoctrinent. Les États doivent assumer leur mission, en créant des écoles où les enfants entendront parler d'égalité, de démocratie, de liberté d'expression. Si personne ne leur transmet ces valeurs, comment pourraient-ils un jour s'en réclamer? L'éducation laïque est la seule arme efficace contre les fondamentalistes".


Les femmes sont l'avenir du monde. Je retiens son nom. Cette femme a tout mon respect.


dimanche 27 novembre 2011

Les anges commenceront à crier...


Ange au Sourire de la cathédrale de Reims

Va-t-on bientôt bombarder les anges? S'ils existent, qu'ils s'attendent à être bientôt traversés de décharges, de fragments atomiques, de nocives vibrations... Il est improbable que dans l'énorme mise en circulation d'infimes et variées perturbations physiques, il n'y ait rien qui les gêne. Préparons-nous à entendre crier l'espace!

Poème d'Henri Michaud

Heureusement, l'Ange au Sourire continue de nous attendrir, faisant rayonner des vibrations bienheureuses d'espérance. Cette statue a été sculptée entre 1236 et 1245. Elle nous est encore étonnamment réconfortante. Puisse son sourire éloigner aussi la détresse des anges!

samedi 26 novembre 2011

De l'Exode, aucune trace archéologique !!!


S'étalant sur plusieurs des livres de la Bible, l'Exode y est décrit à travers des lieux et des temps précis. C'est un texte fondateur par lequel le peuple juif se forge une identité. L'Exode raconte le retour d'Égypte du peuple hébreu vers Canaan, la Terre promise. Au cours de ses 40 années d'errance dans le désert, ce peuple acquiert son unité, à travers la révélation de la loi (les dix commandements) et les multiples rites, notamment alimentaires. Pourquoi ne retrouve-t-on pas de trace de cette épopée dans les archives archéologiques, au vu des fouilles menées depuis des décennies? On comprend que l'archéologie puisse tenter d'interroger l'historicité du récit!

Alors que l'on connaît le nom et l'histoire des pharaons et des reines d'Égypte, la réalité des évènements bibliques racontée est de plus en plus douteuse. Les dix plaies d'Égypte ont toutes été revues par la science et expliquées comme phénomènes naturels. On peut montrer aujourd'hui qu'un certain nombre de sites, mentionnés dans le récit de la conquête de Canaan par Josué, n'existaient pas à cette époque... Les archéologues ont retrouvé les traces d'une forte présence égyptienne, le pharaon Ramsès II, peut-être le plus puissant des pharaons, régna sur l'Égypte une bonne partie de ce siècle et il n'était pas du genre à négliger la surveillance militaire de Canaan, pendant qu'une horde de réfugiés échappés d'Égypte, répandait la terreur à travers toute la province.

Pour Findkelstein, comme pour nombre d'archéologues, la conquête héroïque du pays de Canaan est à ranger au rayon des mythes. En 1550 avant notre ère, un incendie ravagea la ville et celle-ci fut abandonnée. Lorsque les Israélites arrivèrent, la ville de Canaan était complètement déserte, rendant impossible toute invasion spectaculaire par Josué et les Israélites.

Des pans entiers des écrits bibliques se trouvent ainsi définitivement rangés du côté de l'épopée mythique.

Extraits tirés des Cahiers de Science et Vie : la Bible face aux archéologues.

La Bible face aux archéologues


David, fronde à l'épaule, tel qu'imaginé par Michel-Ange

La richesse des messages véhiculés par la Bible n'est pas lié à l'exactitude historique des textes mais à son contenu philosophique et moral. La plus grande partie des textes bibliques a été compilée au VIIe siècle, bien avant la destruction du premier temple (587): ce qui donne une crédibilité historique au contenu de ces textes. Dans les années 70, la conquête de Canaan (la Terre promise) a été mise en doute et depuis quelques années, par une sorte de processus en chaîne, on en vient à questionner l'histoire de David et Salomon. Ce débat est très sensible.

David est une figure majeure de la culture judéo-chrétienne si l'on considère que Jésus appartenait à la dynastie de David. Mais son importance va bien au-delà du domaine religieux. David a joué un rôle capital dans la symbolique monarchique. Toutes les dynasties royales européennes se sont construites en utilisant le symbolisme de l'onction royale décrite dans la Bible pour David et Salomon. Et en Israël, David et Salomon ont une importance cruciale. Il existe une tendance de la recherche biblique actuelle qui remet en question le récit tout entier. Selon certains chercheurs, il est vain de rechercher une vérité historique dans le récit sur David et Salomon. Cette position suscite des réactions passionnées et c'est pourquoi le débat est parfois si virulent. Le nom d'Israël n'apparaît dans les archives qu'à partir de -1210, dans la liste des vaincus de la stèle du pharaon Merneptah!

Extrait tiré de la revue Science &Vie

jeudi 24 novembre 2011

Au cimetière avec Alice

Alice avait 7 ans, et à chaque année, nous vivions ensemble, collées-collées, tout un long week-end. C'était la fête! En marchant dans la ville, nous sommes passées devant le vieux cimetière; Alice a voulu le visiter. Nous nous sommes promenées dans les deux cimetières, le protestant et le catholique. Elle s'est apitoyée devant une stèle disant qu'un petit garçon de 10 ans était enterré ici. Elle lisait avec intérêt, les témoignages d'amour gravés sur les marbres.

Nous avons cherché la pierre tombale de papa et comme le veut la tradition, j'ai parlé à mon père à haute voix. Je lui ai présenté ma petite Alice et je lui ai dit à quel point il l'aurait aimée, lui aussi, cette petite fille si intense. Je lui ai renouvelé mon indéfectible affection et tout à coup, Alice m'a dit dans un chuchotement respectueux: " Mamie-Gi, prends la pierre tombale dans tes bras et serre-la fort!" J'étais très émue. Je me suis penchée et j'ai entouré la pierre froide de mes bras, un petit pleur dans l'oeil.

Mon père est toujours vivant! Il me manque encore parfois!

Nous sommes revenues tranquillement, nous attardant aux tombes différentes et aux textes touchants de chagrin et de tendresse gravés éternellement dans le marbre et le granit; certaines tombes étaient magnifiquement fleuries et cela nous faisait du bien. Des anges de pierre semblaient prier en silence, réfugiés dans leurs grandes ailes.

Alice a glissé sa main dans la mienne: "Mamie-Gi, je ne veux pas que tu meures". - "Moi non plus, mon p'tit coeur, je ne veux pas que tu meures." Elle a maintenant 16 ans et moi, 70; la vie nous réserve encore, je l'espère tant, des jours de vie ensemble et qui deviendront à leur tour ... des souvenirs à chérir.




Aline a écrit: "Je te souhaite beaucoup, beaucoup de beaux moments encore avec elle."

mercredi 16 novembre 2011

Le rituel des 10 ans: Stéphanie




Stéphanie et sa maman, Anne-Emmanuelle


Dans les ailes d'un petit oiseau... un caillou vert

Stéphanie entr'ouvre en douceur la porte de la pré-adolescence. Et pour souligner cet âge chez mes petits-enfants, j'ai créé le rituel des 10 ans. Elle attendait ce jour avec impatience: "Ça va être quelque chose!" disait-elle. J'ai trouvé un petit oiseau rutilant de pierreries incrustées et dedans, j'y ai mis une pierre lumineuse d'un beau vert lime, l'objet sacré du rituel. Le joyau que toute la famille imprégne de vibrations de plaisirs et de tendresse.

Nous formions un grand cercle et Stéphanie offrait sa pierre à chacun et chacune et les témoignages s'accumulaient en densité d'amour dans les mains des adultes et celles des petits.

J'y ai mis les vibrations d'un souvenir heureux. Stéphanie avait trois ans. La bande d'amis de David, Stéphanie et moi jouions à la guerre avec des sabres laser lumineux. Chaque fois qu'elle pointait son arme vis-à-vis quelqu'un, un mort tombait par terre. À la fin, elle trônait comme une reine guerrière au milieu d'une hécatombe. Ils étaient magnifiques tous ces jeunes garçons qui jouaient d'une façon généreuse avec une aussi petite fille, la soeur de leur ami. Les jeux ont continué. Un garçon monté jusqu'en haut de la glissoire jouait habilement avec son arme. Tout à coup, il lança un grand cri: "Attention! Un ocre!" et il glissa jusqu'en bas. Nous étions là, alertés, regardant en haut de la glissade et tout à coup une tête de cheveux noirs ébouriffés est apparue tout en haut, c'était Stéphanie! debout son arme à la main! Tout le monde criait. C'était du cinéma, nous étions dans le film du Seigneur des anneaux.

Évidemment, Stéphanie ne se rappelle plus cet instant de vie grandiose. "N'oublie pas ceci Stéphanie, tu n'étais pas une petite fille banale, tu étais une courageuse reine guerrière!"

Mathieu, Jeannie et Julia ont échappé la pierre précieuse et c'était toute une aventure que de retrouver la pierre qui roulait toujours sous un meuble.

Quand Stéphanie vivra des heures plus difficiles, elle pourra ouvrir l'écrin, tenir la pierre dans sa main et se laisser envahir par l'amour de sa famille. Puissant et secret réconfort.

Le deuxième volet du rituel est celui de la musique classique. Je choisis et donne à l'enfant un air d'opéra ou un grand air fameux. J'ai donné à Stéphanie la célèbre valse numéro 2 de Chostakovitch. Afin que, où qu'elle soit dans le monde, si elle entend cet air, elle se rappelle qu'elle a été aimée par sa Mamigi. Je me suis inclinée vers elle et je l'ai invitée à danser. Doux, doux moment! Puis elle a dansé avec son grand frère, puis son oncle Dominicke etc...

Je garde tout. C'est à moi tous ces souvenirs de bonheur. Lovés au fond de la mémoire du coeur, ils m'accompagnent magnifiquement, au fil des jours qu'il me reste à vivre.

Je t'aime Stéphanie!

dimanche 13 novembre 2011

Gilgamesh, celui par qui le scandale arrive....


Le Dieu Enlil

La découverte de l'épopée du roi d'Uruk, Gilgamesh, fragilisa le socle des écritures du Livre Saint des chrétiens et des juifs et provoqua un scandale qui se propagea en ondes de choc dans le monde entier.

Un mardi, 3 décembre 1872, un jeune assistant du British Museum plonge Londres dans une excitation sans pareille. George Smith, 32 ans, révèle le contenu de plaquettes bien antérieures aux écrits bibliques. Décryptées par Samuel Noah Kramer, on y parle des eaux primordiales, la séparation du ciel et de la terre, la création de l'homme comme acte conscient et voulu, l'argile dont fut pétrie la créature humaine, le paradis terrestre, les disputes qui rappellent celles de Caïn et Abel et l'extraordinaire aventure de Noé sauvé du déluge. Effarant, iconoclaste!

Ces textes très beaux, sont des créations poétiques faites par les Anciens soucieux de donner sens et compréhension à leur vie sur terre. Et nous, nous sommes encore sous la tutelle dominatrice de ces écrits revampés par les Hébreux de la Bible! Et, on guerroie partout sur la planète parce que la Bible est LA PAROLE DE DIEU!

Ce qui me bouleverse le plus dans ces plaquettes est le texte sur la création d'Ève:

 Enki est blessé. Huit parties de son corps sont souffrantes. Et le Dieu Enlil créera huit divinités pour guérir ses huit maladies. Le dieu s'asseoit près de lui et lui dit:" Mon frère, où as-tu mal? - Ma bouche me fait mal. - À la déesse Ninkasi j'ai donné naissance pour toi. Et ainsi de suite jusqu'à : "Mon frère, où as-tu mal? - Ma côte me fait mal. - À la déesse Ninti j'ai donné naissance pour toi.

En Sumérien Nin-ti signifie "Dame de la vie" ou "Dame qui fait vivre" et aussi "Dame de la Côte" Et voilà l'imposture! Les Hébreux ont fait un choix sélectif: "Dame de la Côte". Choix totalement néfaste pour l'avenir de la femme. Le texte a été réaménagé en faveur des hommes. La femme cessera d'être une créature créée directement par le souffle de dieu, elle aurait été créée à partir de la côte d'Adam donc inférieure à l'homme, évidemment!!! Tous les dieux et déesses ont été exclus du texte biblique en faveur d'un dieu unique et la femme fut décrétée un être inférieur à l'homme et la cause de toutes les calamités de l'humanité. Je soupçonne un choix délibéré chez les auteurs de la Bible. Ces paroles cautionnées par la voix de Dieu lui-même dans la Genèse, signe la fin du matriarcat et annonce l'ère du patriarcat. Parallèlement à cette découverte archéologique, le féminisme naît et continue de changer le monde.


Vision primitive de la création de la première femme, Ève, née d'une côte d'Adam

Mais ce qui stupéfia le plus, ce fut l'odyssée de Noé, Utanapishtim dans le texte sumérien, celui qui échappa au fléau divin. Les textes sont quasi identiques. C'est le premier plagiat connu de l'histoire de l'humanité. Ces textes sumériens ôtent à l'Ancien Testament le prestige de l'antériorité! Et les conséquences seront nombreuses.

jeudi 10 novembre 2011

Gilgamesh, l'homme qui ne voulait pas mourir...


La onzième tablette, celle du déluge

Après de nombreuses épreuves, Gilgamesh finit par trouver l'homme qui avait construit une arche et avait ainsi survécu au déluge, Utanapishtim. La onzième tablette d'argile raconte que Utanapishtim avait été averti par le Dieu de la sagesse que l'assemblée des divinités avait décidé de détruire l'humanité corrompue. Et Dieu de lui donner ce conseil: "Démolis ta maison pour te faire un bateau! Renonce à tes richesses pour sauver ta vie! Détourne-toi de tes biens pour te garder sain et sauf. Mais embarque avec toi, des spécimens de tous les animaux(...) Six jours et sept nuits durant, bourrasques, pluies battantes, ouragans et déluge continuèrent à saccager la terre. Utanapishtim révéla à Gilgamesh qu'il ne pouvait rien pour lui. Il lui reproche d'exagérer son désespoir et il lui rappelle ses responsabilités de souverain: "Qu'as-tu gagné à errer de la sorte?"

Prenant Gilgamesh en pitié, Utanapishtim lui fit une révélation: il lui indique où trouver une plante médicinale aquatique aussi épineuse qu'une rose et qui était source d'une éternelle jeunesse. Gilgamesh trouve l'endroit, il attache de lourdes pierres à ses pieds et plonge jusqu'aux eaux profondes. Quand il refait surface, il tient dans sa main la plante magique. Comme il s'apprête à la consommer, son attention se porta sur une source claire et il eut envie de se baigner encore. Il plongea. Un serpent attiré par le parfum suave de la fleur, surgit et s'empara de la plante. Quand Gilgamesh revint à la rive, la fleur avait disparu et un serpent tout doucement se dépiautait, rejetant par terre ses vieilles écailles. La magie opérait. Gilgamesh s'assit et pleura. Épuisé, assagi, il regagna sa cité, transformé par cette quête mythique. Il prit conscience de l'importance des plaisirs ordinaires de la vie. Il cessa d'abuser de son pouvoir royal et il accepta son destin de mortel.

L'Histoire commence à Sumer, écrit par G. Noah Kramer

mercredi 9 novembre 2011

Gilgamesh, le premier héros connu...



Gilgamesh

J'ai tellement aimé cette histoire que je suis allée la raconter à la télé communautaire dans une série appelée Propos et légendes. L'archéologue Kramer déchiffre des tablettes d'argile et il découvre l'histoire fabuleuse de Gilgamesh, écrite il y a presque 5 ooo mille ans. C'est la première oeuvre littéraire de l'histoire de l'humanité.

Le jeune Gilgamesh, 2/3 dieu et 1/3 humain régnait sur le royaume d'Uruk, dans une contrée appelée maintenant Irak. Il passait son temps à élaborer d'arrogants plans de bataille, à déflorer des vierges et à séduire les femmes de ses soldats. Afin de juguler son énergie surhumaine, les dieux créent pour lui un compagnon nommé Enkidou. Enkidou, homme sauvage vivant à l'écart de la civilisation, était un être violent appelé à soutenir un autre être violent. Une lutte féroce s'engage entre les deux hommes. Au petit jour, épuisés, il n'y a pas de vainqueur. Ils deviennent les meilleurs amis du monde.

Cependant l'inactivité de Gilgamesh le rongeait. Mû par l'ennui et l'envie irrépressible de se faire un nom, il entraîne Enkidou dans une expédition en forêt afin d'abattre des cèdres pour bâtir un temple majestueux. ILs durent affronter le féroce géant et démon Humbaba, le gardien de ces lieux et des dieux sylvestres. Ils le tuèrent sans une ombre de pitié.

Gilgamesh tuant le géant Humbaba

Pour punir Gilgamesh, les dieux résolurent de faire mourir Enkidou. La peine de Gilgamesh est immense et il sombre dans un profond désespoir. Bouleversé et hanté par la notion de la mort implacable, qui viendra le faucher lui aussi, sa vie devint misérable.
« Enkidou ne lève plus les yeux
Gilgamesh lui touche le cœur
Son cœur ne bat plus.
Alors comme une fiancée
Il couvre le visage de son ami
Comme un lion il rugit autour de lui
Il va et vient en regardant Enkidou
Comme une lionne à qui on a enlevé ses petits.
Il arrache ses cheveux et les jette à terre.
Il déchire ses beaux vêtements
Et les rejette comme un sacrilège.»
Oscillant entre le désespoir et le désir ardent d'agir, il abandonne tout et quitte son royaume. Il se met en route à la recherche de Utanapishtim, le seul d'entre les hommes à qui les dieux avaient accordé la vie éternelle.

Et médusé, Kramer découvre que Utanapishtim n'est autre que le Noé de la bible!
Je lis L'histoire commence à Sumer de G. Noah Kramer. (à suivre)

Ma fascination est totale! 

mardi 8 novembre 2011

Alice, ma toute première!

Alice, fille de Dominicke et Louise

Alice, ma toute première petite-fille! J'ai le goût de penser à elle. Elle fut un magnifique germe de vie côtoyant providentiellement une immense tristesse: la mort de Jacques.

Petite fille capable de souffrir, capable de tant d'amour. Un amour tout à la fois ouvert et en retrait. En oui et en non.

Ses beaux yeux sont si noirs qu'une fois, j'ai eu la sensation étrange de plonger dans l'infini du cosmos. Dans une profondeur qui fait frissonner. Y a un diamant caché dans ce petit coeur. Marie-Héllène comprend mes paroles, elle a déjà connu aussi, cette émotion de vertige dans un moment fugace de transparence. Moment inoubliable, rare, difficile à capter, où une petite fille, sans filtre, laisse vibrer l'intensité de son âme.

Alice a 16 ans maintenant; j'ai 16 ans de souvenirs, de temps partagés, de rires, et de larmes plus rarement. Plein de bonheurs emmagasinés et je puis les distiller doucement pour les temps plus discrets de l'adolescence. Ce que je fais à l'instant même!

Potinage historique sur Compostelle


La statue de bronze de Al-Mansûr


Saint Jacques dans sa basilique

AL-Mansûr, grande figure guerrière de l'Islam, remporta des victoires célèbres sur les chrétiens de l'Espagne. L'Espagne est à l'époque, la terre de la jihad, la guerre sainte par excellence. Son souvenir est associé à la terrible et regrettable destruction de Saint-Jacques-de-Compostelle, dont ne subsistera intacte que la tombe de l'Apôtre. Lorsqu'il détruisit Saint-Jacques-de-Compostelle, Al-Mansûr fit charger sur le dos de ses prisonniers les splendides portes de la cité jusqu'à Cordoue. Il fit de même des cloches du monastère qui servirent un moment de luminaires dans la grande mosquée.

Lorsque Ferdinand lll de Castille s'empara de Cordoue, en 1236, ces mêmes cloches prirent le chemin inverse de Cordoue à Saint-Jacques-de-Compostelle, mais cette fois-ci sur les épaules des captifs musulmans.

Je lis: Les grandes figures de l'Islam de Malek Chebel et je pense aussi à mon amie Carmen qui se prépare pour un deuxième pélerinage à Compostelle.

lundi 31 octobre 2011

Egon Schiele, peintre maudit...


Autoportrait d'Egon Schiele (1890-1918)

Schiele s'inscrit dans la liste des peintres maudits. La première grande exposition de ses oeuvres fut jugée pornographique. Le monde de Schiele est réduit aux seules représentations érotiques du corps humain, hors du lieu et du temps. Ses modèles sont caractérisés par une incroyable liberté vis-à-vis de leur propre sexualité, de l'autoérotisme et de l'homosexualité. Les critères de la beauté féminine, du poli parfait et de la froideur sculpturale ne l'intéressent pas. Il sait que la pulsion du voyeur est intimement lié aux mécanismes du dégoût et de l'attraction, c'est le pourquoi de l'étrange aspect de chair tuméfiée des corps peints par l'artiste. Le corps renforce en lui la puissance du sexe et de la mort et homme de son temps, Schiele souscrit à la façon nouvelle de considérer la sexualité comme une pulsion existentielle de l'être humain.

Accusé de détournement de mineure et d'enlèvement d'enfant, Schiele fit en 1912 un séjour en détention préventive avant de passer en jugement. Les jours passés derrière les barreaux furent un véritable traumatisme pour lui. Les parents de la jeune fille revinrent sur leurs déclarations au profit de l'accusé et Schiele fut simplement condamné pour avoir exposé des oeuvres érotiques dans un endroit public. Si la première accusation avait été maintenue, une sentence de 20 ans de prison était prévisible.

Les dernières années de sa vie furent marquées par une période de bonheur personnel, par des succès dépassant largement l'Autriche et une sérénité croissante. Il disait: "Mes oeuvres devraient être exposées dans des édifices semblables à des temples!"

Une terrible épidémie fera entre 20 et 25 millions de victimes dans le monde. Sa femme enceinte de six mois, succombe à la grippe espagnole et trois jours après, Schiele meurt à son tour.







dimanche 30 octobre 2011

La peur derrière la tête

La peur derrière la tête...


Cette toile, je l'ai faite en pensant à mon amie. Dans un moment de lucidité, elle a tenté d'exprimer la présence de la peur dans son corps, des peurs installées en elle, depuis l'enfance. Elle a donné quelques coups de crayons pour donner vie à une image de guérison qui s'imposait à sa conscience. Devenu une vigie, ce masque appelé "La PEUR derrière la tête", avait pour mission de capter tout signe potentiellement menaçant... avec deux yeux grand ouverts, nécessaires à son sentiment de sécurité. Superbe visualisation! Moi, j'en ai fait une toile. Pour elle!

vendredi 28 octobre 2011

Elle nous fait du bien.... Chris Griscom


Chris Griscom

Nos corps émotionnels sont bloqués sur cette planète à un niveau de vibration très bas, très lents. Nous devons nous hisser jusqu'à ces fréquences d'allégresse, ces fréquences élevées qui sont celles du divin, dans lesquels la vie et la mort tournoient, ainsi que le matériel et le non-matériel.

Il n'y a pas de mauvais choix. Nous n'avons pas besoin de nous cramponner. Nous ne pouvons pas nous tromper de route. Nous ne pouvons que faire un choix qui nous apprendra telle ou telle leçon; l'une ou l'autre nous ramènera à notre centre. Nous abandonnerons alors tout jugement sur les autres. Nous serons toujours attirés par quelque chose qui va produire un changement en nous.

L'important, c'est l'idée qu'on a de soi.

J'avais oublié cette notion de fréquences d'allégresse. J'en suis toute émue.

Je relis: Des vies antérieures à l'illumination de Chris Griscom et je suis à nouveau sollicitée très intimement. Je vais trouver et lire ses derniers livres, dans l'allégresse. Son site internet est magnifique. Il ressemble au site de Caroline.

mercredi 26 octobre 2011

Une thèse sur Mahomet


Fatima Mernissi est une sociologue, écrivaine et professeure à l'Université Mohammed V de Rabat. Elle a reçu en 2003, avec Suzan Sontag, le prix littéraire du Prince des Astauries.


Extrait de la thèse de Mernissi sur Mahomet et Omar.

Médine fut le théâtre d'un violent affrontement entre deux hommes sur la question du sexe et des femmes. L'un voulant les libérer, l'autre les enfermer. Mahomet était un sensuel heureux et démocrate et Omar son compagnon, nerveux, frustré, totalitaire et brute. La communauté musulmane naissante les obligeait à s'allier. Omar deviendra le deuxième calife de l'Islam et le prestigieux stratège de la conquête. L'enjeu de leurs différents? Le Coran

Le prophète disait: "Ne battez pas les femmes" et les hommes y renoncèrent. Mais Omar lui-même a forcé la main au prophète et le prophète permit de les frapper. Omar désirait violemment que le hijab soit institué pour les femmes: "Pourquoi n'ordonnes-tu pas le jihab aux Mères des croyants?" et le jihab est tombé sur Médine.

La chercheuse marocaine Fatima Mernissi, écrivaine et féministe veut insérer Mahomet dans le contexte moderne d'une sexualité du bonheur. Les Mecquois et Omar furent dès leur arrivée à Médine, surpris par la liberté de penser et d'agir des femmes de Médine. "Nous autres gens de Qoraîch, dominions nos femmes! Et voilà que nos femmes se mettent à prendre les habitudes des femmes de Médine". Omar met en garde Mahomet contre cette métamorphose des épouses et poussé à bout par la rébellion de sa propre femme, Omar se précipite chez le prophète. Mahomet sourit. Il est un homme heureux, serein, épanoui sexuellement mais les requêtes d'Omar le macho, se font de plus en plus pressantes. Finalement, il abdique; sa lassitude sera entérinée par l'ange Gabriel! Il a beau rire, caresser, négocier, elles sont onze à le partager, insupportable épreuve, inévitable aigreur. Le sérail et son ivresse, de l'aveu même de Mahomet, est à la fois une félicité et un tourment. Depuis toujours, le nombre et la qualité des femmes possédées attestent de l'importance d'un homme, de son charisme politique et militaire...

Les mille et une nuits de l'Islam sont devenues les mille et une morts de l'islamisme. La femme libre fut écrasée et l'homme devint son bourreau.

Le sexe d'Allah  de Martine Gozlan, livre d'un intérêt suprême pour moi, l'Occidentale nord américaine.

samedi 22 octobre 2011

Les femmes, ne leur faites aucun mal! (Mahomet)


"Les femmes, les femmes, ne leur faites aucun mal..." Les derniers mots de Mahomet, dit-on, sur le lit de mort, aura été pour les femmes.

Comment dans ce contexte, les versets qui cautionneront à jamais les femmes dans un rôle subalterne, difficile, dangereux, ont-ils pu tomber du ciel par la voix de l'ange Gabriel? Comment l'homme qui ne battait jamais les femmes a-t-il pu ordonner au nom du ciel: "Les hommes ont autorité sur les femmes en vertu de la préférence que Dieu leur a accordée .... et à cause des dépenses qu'ils font pour assurer leur entretien" (sourate 4, verset 34). Comment l'homme dont Aïcha aimait à rappeler qu'elle lui lavait les cheveux avant qu'il aille prier, "l'homme qui s'appuyait sur mon giron bien que j'eusse mes menstrues..." Comment cet homme a-t-il pu insister sur les notions de souillure féminine? "C'est un mal, tenez-vous à l'écart des femmes durant la menstruation." (sourate 2, verset 222)?

"L'Islam n'est ni plus ni moins qu'un contrat par lequel on acquiert le vagin d'une femme pour jouir". (Slimane Zéquidour) "Vos femmes sont pour vous un champ de labour: allez à votre champ comme vous le voudrez". (sourate 2, verset 223) Réponse inspirée par l'efficace Gabriel suite à une demande d'arbitrage : une épouse expliquait au prophète son mécontentement face aux habitudes sexuelles de sodomie pratiquée par son mari. Chaque fois que le prophète rencontre un conflit du désir, Dieu y pourvoit par l'intermédiaire de Gabriel: une solution coranique qui a valeur de loi.

"Qu'une religion exaltant l'ardeur sexuelle soit devenue une prison pour les femmes reste l'un des principaux mystères de l'Islam". (Henri Tincq, journaliste)

je lis : Le sexe d'Allah, des mille et une nuits aux mille et une morts de Martine Gozlan. Passionnant!

dimanche 16 octobre 2011

Le signe de Tanit






Le signe de Tanit plonge ses racines dans la symbolique matriarcale



Quand j'ai visité Carthage, j'ai examiné avec intérêt ces représentations de la célèbre déesse tunisienne, dans des niches, sur les carrelages, sur des mosaïques. Après tant de siècles, Tanit est partout et encore aimée des Tunisiens.

Je lis présentement, une revue d'archéologie sur Carthage et le premier article porte sur les interprétations symboliques du signe de "Tanit", dessiné pendant près d'un millénaire pour exprimer l'espoir et les croyances d'un peuple. Ça m'intéresse beaucoup.


Certains considèrent le dessin comme celui d'une image conique de la divinité, profil d'un cône sacré, ou un prêtre ou une prêtresse en prière, ou une dégénérescence de la représentation de la figure humaine!!!

Un seul fait est évident: dès sa première matérialisation, le symbole a été dessiné, parfait. Il a été dessiné de manière à permettre d'y enfermer un véritable rassemblement oecuménique de représentations figurées, de même que toutes les allusions ou interprétations que nous ont proposées les savants.

On doit ce symbole au génie des Phéniciens. Tanit était une déesse chargée de veiller à la fertilité et à la croissance de son peuple.

Les femmes tunisiennes se révèlent des femmes "debout", revendiquant courageusement leur droit à la liberté et à la laïcité. Elles pourraient se rassembler sous ce signe de Tanit, signe de puissance, et s'identifier à Elissa, l'immortelle fondatrice de Carthage. Il y a une longue histoire d'immolation par le feu dans l'histoire de la Tunisie, de Élissa-Didon à Bouazizi. 

LE FEU, C'EST FINI!

Viennent désormais, le temps des chants, des cris, de la colère, de la solidarité, du pouvoir et du désir si légitime de revendiquer l'égalité des sexes et le bonheur. Le courage des femmes tunisiennes passera à l'Histoire.

Depuis toujours le signe de Tanit est un porte-bonheur. Qu'il en soit ainsi, encore!

vendredi 14 octobre 2011

Guy expérimente la douleur

La douleur de Guy frôle l'intolérable. Au coeur de la nuit, il accepte finalement la morphine. Il a perdu son combat de résistance envers elle.

Dans ce petit matin pluvieux et tristounet, je choisis donc de refuser l'invitation d'un bon gueuleton avec mes deux amies de Montréal, Caroline et Suzanne. Petit matin encore plus tristounet!

Mais l'amitié est là qui se déploie tendrement :
Caroline: .. . je suis désolée pour Guy qui souffre... et désolée de ne pas te voir. Ce n'est que partie remise... Je t'aime!

Suzanne: ... Je pense à toi très fort en ces temps de grands vents; je sais que tu es bien amarrée et ça me rassure un peu. Sache que je suis là pour toi. Notre amitié est sacrée!

C'est un merci ému que je vous donne mes amies, et malgré la pluie qui fabrique avec ténacité notre automne, je demeure confiante et espérante...

mardi 4 octobre 2011

Rosalie, une rose de vie





P'tit coeur!

Dans ces temps, faits de tensions multiples et de gens malades, ma petite-fille Rosalie, vint répandre son parfum d'amour dans ma maison et dans mon coeur.

J'ai une espérance joyeuse. Quand je serai vieille, j'imagine souvent Rosalie avec un livre sur ses genoux en train de me faire la lecture: un des multiples Journaux Intimes qui s'empilent dans une bibliothèque ancienne, écrits depuis belle lurette. Revoir le fil d'argent de ma vie avec les yeux du coeur d'une Rosalie... D'une Rosalie capable de saisir un vécu riche où la trame de sa vie neuve s'est mêlée à la mienne; capable surtout de décrypter mon écriture cursive.

Ou bien, le plaisir parfait: Rosalie me faisant la lecture de son premier roman édité. Rosalie, c'est une écrivaine. Un jour, ses écrits parleront au monde!

Je porte au poignet le bracelet d'amitié que Rosalie m'a tissé. J'espère le porter longtemps.

vendredi 23 septembre 2011

Un bijou!


My life is blue


Trois fées magnifiques! de Christina Favorido. Un enchantement!

jeudi 22 septembre 2011

Hiroshima et Nagasaki


Harry Truman, président des USA de 1945 À 1953

Je lis: La bombe de l'Américain Howard Zinn. En sous-titre: De l'inutilité des bombardements aériens. Et je suis dans le constat douloureux de la cruauté de l'humain dans un contexte de guerre. Hiroshima et Nagasaki, ça me fait pleurer et ça me déchire.

En quelques instants, la bombe larguée sur Hiroshima, le 6 août 1945, a littéralement réduit en cendres la chair et les os de 140 000 hommes, femmes et enfants. Trois jours plus tard, à Nagasaki, une seconde bombe tuait 70 000 personnes sur le coup. Pendant les cinq années subséquentes, environ 130 000 habitants sont morts des suites de leur contamination par les radiations. Ces statistiques ne tiennent pas compte des innombrables survivants mutilés, intoxiqués, défigurés, aveugles.

Les attaques contre ces deux villes n'avaient rien d'une opération de combat au sens habituel du terme. Elles n'avaient pas non plus pour objectif premier la destruction de cibles militaires. Oppenheimer, directeur scientifique de l'équipe d'experts et chargé de concevoir la bombe avouera que l'équipe ignorait tout de la situation militaire au Japon. Ces villes avaient été choisies en raison de leur densité de population. Ces attaques avaient été conçues comme un étalage, une démonstration de force. L'amiral et chef d'état-major, William D. Leary, a manifesté sa dissidence: Le recours à cette arme barbare n'a été d'aucune utilité pratique dans notre guerre contre le Japon, les Japonais étaient déjà vaincus, prêts à capituler.

Le président américain Truman, dans ses journaux personnels secrets, faisait état d'un message intercepté par les services de renseignements américains où l'empereur jap demandait la paix. Des documents secrets, révélés en août 1994 établissent que Truman avait été personnellement mis au courant des initiatives de paix des Japonais, trois mois avant Hiroshima. Tout indiquait que les Japonais étaient sur le point de capituler à la condition unique qu'on maintienne le titre sacré de l'empereur.

Sitôt informé du bombardement, le président Truman s'est exclamé: C'est le plus grand jour de l'histoire!

Ce "grand jour" s'est avéré dans les faits l'une des pires atrocités de l'histoire. Histoire de notre "civilisation" moderne.

lundi 12 septembre 2011

Anniversaire de Guy





Pour son anniversaire, Guy décide de réaliser un grand désir qu'il chérit depuis longtemps et il s'offre un superbe cadeau de fête: un spa!

Ses enfants sont contents, ils connaissaient bien le vieux rêve de leur papa. Toute la famille s'amène. Ils s'affairent, ils détourbent, étalent les poches de sable, transportent des dalles en béton, ils installent des rideaux moustiquaires et des rideaux de toile et ils montent un gazebo, c'est ça, le cadeau de fête pour le papa. Et c'est magnifique!

Le patriarche les regardent, ému, il aurait bien voulu donner un coup de main mais il se console: il ressent toute la tendresse de sa famille pour lui, le père.



Dix jours plus tard, une ambulance transporte Guy à l'hôpital, des douleurs extrêmes lui labourent la jambe. Il y restera 5 jours et aucun diagnostic véritable ne sera donné. C'est un dossier encore ouvert.

Il est de retour à la maison. C'est bon! Et le spa accueille "ses bons vieux os". Béatement immergé dans l'eau chaude, il oublie ses bobos et même ... la dette de la Grèce.


Un repos de qualité...

mercredi 7 septembre 2011

Pour l'amour de Dieu


Chère Micheline Lanctôt, quel film émouvant!

Je me suis levée après la dernière note de musique. Toute la musique du film était d'Henriette Major, magnifique musique! Le film m'a ramenée sur les bancs de l'école où les soeurs nous enseignaient, nous vivions une grande promiscuité avec ces femmes. Pour la première fois, j'ai mis des mots sur un énorme sentiment d'amour que j'ai eu pour une religieuse qui m'enseignait et qui m'aimait aussi. Micheline Lanctot parle d'un coup de foudre qu'elle a vécu dans son adolescence et ses mots et les images de son film m'ont révélé avec netteté une réalité semblable occultée depuis bien longtemps. Avec la petite Léonie, j'ai revécu aussi, la palpitante période mystique de mon adolescence.

Le film n'est pas une charge contre le cléricalisme borné du temps, c'est un film de respect et d'amour envers ces âges que nous avons vécus et envers ces hommes et ces femmes en communauté piégés par l'exigence de voeux perpétuels. Comme si Dieu exigeait des humains un tel tribut de souffrances et de déchirements pour pouvoir être un Dieu consolateur! Une histoire d'amour pathétique, poignante avec son lot de souffrances à première vue, inutiles.

Récemment, en faisant des recherches sur le père Henri Nouwen pour mon bloque, j'ai lu ce que le biographe officiel a écrit sur la dépression du père Nouwen causée en partie par son sacerdoce, son voeu de chasteté, son homosexualité, la solitude et la nostalgie de l'intimité qu'il avait déjà connue. Il n'existe aucune preuve que Nouwen ait brisé son engagement au célibat mais l'énorme tension émotionnelle, spirituelle et physique peut avoir contribué à sa mort prématurée. Ce film de Lanctot parle de cette sorte de tragédie.

La présence de Geneviève Bujold à la fin du film m'a causé une vraie joie. Son visage vieilli est beau et son authenticité illumine le film d'une aura quasi spirituelle.

Micheline Lanctot: "Ce sont les dogmes religieux que je rejette. Les religieuses étaient des féministes avant la lettre, elles préparaient les femmes pour l'université". François Lévesque écrit:" Son film est un plaidoyer implicite en faveur de l'union au sein du sacerdoce". Puisse l'Église entendre!

La rentrée scolaire


Le premier jour d'école... l'expérience qui change une vie!


Et la maman qui les regarde partir, le coeur gros... (William et son papa)


Alice et Rosalie: l'école est un formidable milieu de vie pour elles!


Marie-Héllène et Dominicke, deux enfants fous...


... faisant leurs devoirs. Quels contagieux fous-rires!(1978)